Au Burkina Faso, les violences et l’insécurité ont déraciné plus de 100.000 personnes

A Yirgou, les façades des maisons en torchis encore debout sont noires. Elles portent encore les traces de l’attaque qui a frappé début janvier ce village de la région du Centre-Nord du Burkina Faso.

Comme Yirgou, une dizaine de villages de la région ont été touchés par des violences intercommunautaires. « La vie s’est arrêtée en quelques minutes », a déclaré Eve Sabbagh, une fonctionnaire de l’information du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) pour l’Afrique de l’Ouest et centrale qui s’est rendue sur place et a pu constater la désolation dans les villages attaqués.

Plus au nord, dans la région du Sahel, le village de Gasseliki a subi une attaque terroriste. 12 personnes ont été tuées et deux autres blessées. « Mon oncle est mort quand des hommes armés ont attaqué Gasseliki » a dit Bibata, une femme âgée de 26 ans. « Je suis allé à l’enterrement. Les gens fuyaient. J’ai couru à la maison, prévenu notre village. La première épouse de mon mari et moi avons pris les enfants, les animaux et avons marché pendant des jours », a-t-elle confiée à la fonctionnaire d’OCHA.

Les attaques au Burkina Faso ne sont pas un fait nouveau. En 2018, plus de 220 incidents sécuritaires ont été rapportés dans ce pays d’Afrique de l’Ouest plus particulièrement dans sa partie nord proche de la frontière avec le Mali et le Niger. Des incidents qui ont bouleversé les moyens de subsistance et le mode de vie des communautés de la région.

« Pour les personnes qui ont été attaquées par des groupes armées et ont dû fuir leurs maisons, de petites choses telles qu’une marmite, un seau et une tasse font une énorme différence », a expliqué Mme Sabbagh sur son compte Twitter.

Les conflits et les affrontements intercommunautaires au Burkina Faso ont déraciné plus de 100.000 personnes dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel, dont plus de la moitié (60.000) rien qu’au cours des deux premiers mois de l’année 2019,

Ces déplacements massifs de population ont plongé le « Pays des hommes intègres » dans une crise humanitaire sans précédent.