Berlin soutient au Maroc la plus grande centrale solaire du monde

En arabe, son nom signifie « lumière ». Elle s’étend à perte de vue dans le désert marocain. La centrale Noor, en construction dans la région de Ouarzazate (Maroc), va devenir le plus vaste complexe de production d’énergie solaire au monde. L’Allemagne, qui lui apporte soutien financier et savoir-faire technique, s’apprête à accroître son engagement.

C’est le ministre allemand de la Coopération économique et du développement, Gerd Müller, qui l’a annoncé le 16 novembre : Berlin va accorder 60 millions d’euros de crédits supplémentaires au projet Noor. Alloué par la banque publique allemande KfW, cet argent servira à construire la quatrième partie du complexe – Noor IV.

Pour l’heure, seule la première centrale, Noor I, est en service. Sa capacité de 160 MW alimente depuis le début de l’année quelque 300 000 personnes en électricité. Une fois achevé, le complexeNoor (I,II,III, IV) aura une capacité de 580 MW. Il permettra d’alimenter plus d’un million de personnes en électricité, tout en économisant 800 000 tonnes de rejets de CO2 par an.

La transition énergétique au Maroc, un modèle pour l’Afrique

Car du soleil, le gouvernement marocain est bien décidé à faire une richesse. Il entend couvrir 40 % des besoins marocains en électricité grâce aux énergies renouvelables d’ici quatre ans, la moitié d’ici à 2030.

« Ce qui a surgi au milieu du désert marocain avec le soutien et le savoir-faire allemands démontre une chose », a souligné M. Müller : « ensemble, nous pouvons stopper le changement climatique ». Selon le ministre allemand, « le Maroc met en œuvre une transition énergétique ambitieuse, qui en fait un modèle pour l’Afrique. » L’objectif de l’Allemagne est de soutenir cette ambition, tout en resserrant la coopération économique entre les deux pays.

Le ministre est bien placé pour constater les dégâts du réchauffement du climat sur le continent africain. Après le Maroc, il devait d’ailleurs se rendre en Mauritanie, un pays déjà touché par la sécheresse, la désertification, mais aussi les inondations côtières dues à la hausse du niveau de la mer.

Au total, l’Allemagne a accordé quelque 830 millions d’euros de crédit au projet Noor, sur un besoin de financement estimé à 2,2 milliards d’euros. Ses entreprises fournissent, par ailleurs, les turbines et les miroirs paraboliques. L’Union européenne, l’Agence française de développement et la Banque européenne d’investissement participent également au financement de ce projet gigantesque.

SOURCE Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA), Allemagne