Europe : plus de 100.000 migrants arrivés par la Méditerranée en 2018 (OIM)

« Au total, 100.630 personnes étaient arrivées de début janvier à dimanche dernier par la Méditerranée », a déclaré lors d’un point de presse ce mardi à Genève, le porte-parole de l’OIM. Selon Joel Millman, la moitié d’entre elles ont eu lieu en Espagne, avec exactement 49.013 arrivées de migrants et réfugiés sur les côtes ibériques.

Les années précédentes, ce seuil avait été dépassé beaucoup plus tôt. En 2017, il avait été atteint en juillet et le nombre était même de 154.825 à cette période, mais inférieur de plus de la moitié à celui de 2016, soit 337.773 arrivées de migrants et réfugiés. « L’année dernière, le nombre des arrivées a été atteint en juillet, tout comme en 2014. En 2015, les arrivées en Méditerranée ont franchi la barre des 100.000 en juin alors qu’en 2016, le nombre a été atteint dès février », a précisé Joel Millman.

En Espagne, les arrivées ont été multipliées par trois en un an, alors qu’elles se sont un peu étendues en Grèce (27.715) mais ont été divisées par cinq en Italie (22.167).

L’Agence de l’ONU pour les migrations souligne que les autorités italiennes ont publié lundi des données sur la nationalité des migrants arrivés par mer depuis l’Afrique du Nord jusqu’à la fin octobre. Le plus grand contingent d’envoi reste la Tunisie, avec près de 5.000 migrants, dont presque tous sont arrivés en Italie directement de leur pays. Les autres migrants et réfugiés en provenance de Libye sont plutôt originaires de la Corne de l’Afrique (Érythréens et Soudanais) et de l’Afrique de l’Ouest, avec notamment des ressortissants de la Guinée, du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Nigéria. Le Pakistan, l’Algérie et l’Iraq figuraient également parmi les principaux pays expéditeurs.

Presque 2.000 décès sur la périlleuse voie de la Méditerranée

Toutefois l’OIM rappelle que le nombre des arrivées est considérablement inférieur à celui affiché les années précédentes.

Par ailleurs, le nombre total de migrants vulnérables sauvés ou interceptés en mer par les garde-côtes libyens à la fin du mois d’octobre s’élevait à 14.377 – soit à peu près le même nombre de migrants (14.349) ayant accepté de rentrer chez eux cette année à bord de vols de retour humanitaire volontaire.

Durant les deux dernières semaines d’octobre, le bureau de l’OIM en Libye est également venu en aide à 1.600 migrants dans quatre centres de détention libyens différents, et 93 autres aux points de débarquement situés le long de la côte libyenne.

Dans le monde, plus de 3.100 migrants sont décédés depuis début janvier. Mais la Méditerranée reste la voie la plus meurtrière pour les migrants, malgré la baisse du trafic sur l’itinéraire de la Méditerranée centrale. D’après le Projet de l’OIM sur les migrants disparus (MMP), le nombre de décès est aussi en recul. Il s’établissait à 2.960 à cette période il y a un an contre 1989 cette année.

Illustration de la dangerosité de la Méditerranée, près de 17 personnes ont été retrouvées mortes cette semaine au large des côtes espagnoles. « L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a appelé à plusieurs reprises à une action urgente pour remédier à cette situation », a déclaré lors d’un point de presse ce mardi le porte-parole du HCR. Selon Charlie Yaxley, la Méditerranée est depuis plusieurs années la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les réfugiés et les migrants. « Que cela continue d’être ainsi devrait être inacceptable pour tous », regrette le porte-parole du HCR.

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU