Fa : connaissances, considérations et applications

Le Fa n’est pas que mystique ; c’est aussi une science qui mêle aux vérités subjectives, des vérités objectives : il renferme des connaissances concrètes pour rationalistes de tout bord…

Si pour le prêtre du Fa, le nombre mesure une qualité ou une intensité psychique, pour les savants modernes, il exprime plutôt une quantité. Mais dire que le Fa attribue tour à tour à ses signes la valeur mathématique 0 ou 1 comme dans une logique binaire, c’est le comparer à un ordinateur.

Marcel Padey, musicologue béninois, s’est intéressé à la pertinence de la composition des 16 signes basiques du Fa. Pour lui, le langage musical repose sur la même pensée binaire qui se lit dans les gammes diatoniques dont les 2 indices sont : 1 ½ ton et 2 ½ tons pour les musiques occidentales et 2 ½ tons et 3 ½ tons pour les musiques africaines.

Partant de l’idée que lesdits indices notés (I) et (II) dans le cas du Fa correspondent respectivement au plus petit et au plus grand des intervalles des gammes diatoniques qui caractérisent les deux types de musique, le chercheur béninois a, dans un premier temps, observé que chacun des 16 signes basiques peut être interprété comme un pentacorde, c’est-à-dire une suite de 5 sons ; dans un second temps, il s’est servi de la technique de combinaison deux à deux des 16 signes basiques.

Traduit dans le langage musical, chacun des 256 signes obtenus de la combinaison binaire correspondrait à un nonacorde, c’est-à-dire une suite de 9 sons, pouvant caractériser les gammes occidentales et africaines, soit un total de 512 baptisées gammes géomantiques. A titre d’exemple, l’illustration à la une : Sa Mèji  de types occidental et africain.

En jetant son chapelet, l’officiant  s’appuie sur la probabilité pour systématiser ou  contenir le hasard dans une formule mathématique. A chaque jet, le consultant dispose d’une chance sur 256 d’obtenir une possibilité de vie quelconque. Mais existe-il une probabilité pour que parmi plusieurs consultants ayant des problèmes différents ou non, deux au moins tombent sur le même signe ?

Là-dessus, les mathématiciens sont formels : pour 18 consultants, il y a environ 50% de chance pour que 2 au moins parmi eux aient le même signe. Avis donc à ceux qui entendent faire de l’art divinatoire, un chasseur de tête.

René Georges Bada, Afiavimag