Genre, migrants et enfance

Après une édition 2017 sous le signe des femmes et de l’Afrique, le festival qui fête ses 72 ans du 6 au 24 juillet 2018 dans la cité des Papes,  mettra à l’honneur les jeunes metteurs en scène en français les plus connus de leur génération.

Selon la programmation annoncée jeudi 29 mars 2018 par Olivier Py, directeur du festival depuis 2014, 47 spectacles seront proposés dont 8 de danse et deux à destination des enfants. Un effort a été fait pour que ce rendez-vous soit plus proche de la parité, avec 45,5% de femmes artistes, toutes œuvres confondues.

L’édition 2018 se veut une image du monde, l’écho à l’actualité, avec des spectacles abordant le genre, la surinformation ou les migrants.

Thyeste de Sénèque version Thomas Jolly, spectacle à donner dans la Cour d’honneur, sera diffusé en direct sur France 2 et Culturebox. Mao II, Joueurs, Les noms de Julien Gosselin, une création de huit heures traitera la question du terrorisme dans les années 70 à partir de trois romans de l’écrivain américain Don DeLillo.

A noter aussi le retour de pointures internationales : Ivo van Hove avec Les choses qui passent, une pièce sur la famille ; Oskaras Korsunovas, avec un classique français, le Tartuffe dans la langue de son pays, la Lituanie ; Sasha Waltz, la grande dame de la danse contemporaine, 15 ans après sa révélation à Avignon.

Sur la question du genre, David Bobée s’attaquera à la discrimination liée au genre et à l’orientation sexuelle dans Mesdames, Messieurs, et le reste du monde, un feuilleton théâtral à présenter gratuitement au public chaque jour à midi. Didier Ruiz traitera de la transidentité à partir de témoignages dans Trans (Més Enllà), tandis que Gurshad Shaheman rappellera la question des réfugiés forcés à l’exil à cause de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

Le monde arabe marquera sa présence notamment avec Mama, pièce d’Ahmed el Attar sur la manière dont les femmes reproduisent en Egypte le système patriarcal à travers l’éducation de leurs fils. Ali Chahrour présentera May He Rise And Smell The Fragrance, une chorégraphie sur le comportement des hommes dans le rituel funéraire chiite.

En musique, le groupe BNT el Masarwa viendra interpréter des chansons qui donnent la parole aux Egyptiennes tandis qu’Abdullah Minlawy mélangera dans Cri du Caire le style soufi au rap. Etienne Gaudillère, présentera Pale Blue Dot, une histoire de Wikileaks avec les personnages de Julian Assange, Chelsea Manning et Hillary Clinton.

Claire Tabouret signe l’affiche du festival ; ses peintures abordant le genre à travers l’exploratrice Isabelle Eberhardt et ses portraits d’enfants seront exposées respectivement à l’Eglise des Célestins et à la Collection Lambert.

René Georges Bada