La France va rendre les œuvres d’art africaines spoliées

En novembre 2017 au Burkina Faso, le président français Emmanuel Macron affirmait vouloir réunir d’ici à cinq ans, les conditions pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique.

Un an plus tard, l’universitaire sénégalais Felwine Sarr et l’historienne de l’art française Bénédicte Savoy, mandatés pour examiner les conditions d’une restitution définitive mais aussi temporaire, demandent à la France, dans un rapport rendu public le 22 novembre, de rendre tout ce qui a été obtenu illégalement ou sans consentement en Afrique.

Sont concernés, les objets saisis dans certaines opérations militaires avant 1899 ; les objets collectés lors de missions scientifiques sauf si les propriétaires des œuvres ont consenti à les céder ; les objets confiés à la France par des agents de l’administration coloniale ou leurs descendants, sauf si le consentement du détenteur initial de l’œuvre est avéré ; les objets rapportés après 1960 dans le cadre de trafics.

Selon les deux experts, la restitution instaurera une nouvelle éthique relationnelle, un échange d’égal à égal entre pays. Ils suggèrent aux musées français d’entreprendre la fabrication de doubles, usage de rigueur dans de nombreux musées du monde, pour combler le vide.

Quant à la législation française très favorable à la conservation des trésors culturels issus du monde entier, les experts préconisent un nouveau cadre juridique pour permettre la restitution.

La France qui avait opposé en 2016 une fin de non-recevoir à la demande de restitution au Bénin de milliers d’objets pillés lors d’une conquête du général Dodds en 1892, a d’ores et déjà annoncé le retour de 26 objets vers ce pays, au lendemain de la réception du rapport par le président Macron.

René Georges Bada