La grève, ce couteau à double tranchant

On la définit comme étant un arrêt collectif et concerté du travail, un moyen de pression des salariés sur leurs employeurs. En général, la grève est d’intérêt professionnel ; mais parfois, elle peut revêtir un caractère politique.

Le droit de grève est reconnu dans la plupart des pays ; dans d’autres, par contre, on n’en conçoit même pas la possibilité. La grève peut être un moyen légitime d’obtenir satisfaction ; elle a souvent été la seule arme efficace des travailleurs pour faire triompher leurs justes revendications.

Toutefois, la grève peut devenir une arme dangereuse ; car elle fait toujours du tort à quelqu’un : aux employeurs, au public ou aux travailleurs eux-mêmes. Pour avoir le droit de faire du tort, il faut une raison juste et suffisante, qu’il s’agisse de la défense d’un droit certain.

Même en cas de raison suffisante, il faut toujours considérer la grève comme un moyen extrême, et ne s’y résoudre qu’après avoir épuisé tous les moyens de conciliation. Par ailleurs, le droit de grève n’autorise pas les actes malhonnêtes : calomnies, coups et blessures, destruction de matériel, etc.

Mais dans une grève, a-t-on le droit d’empêcher de travailler les personnes qui le désirent ? Aux moyens de la violence, assurément non ; mais rien ne s’oppose à l’emploi de la persuasion pour faire comprendre aux « non grévistes » le sens profond de la solidarité ouvrière.

En tout cas, employeurs et salariés constituent les membres d’un même corps, voilà pourquoi ils doivent essayer autant que faire se peut de dialoguer, de se comprendre et de s’entendre.

Travailleurs, à travers vos syndicats, militez avec le souci permanent du bien commun et des valeurs morales. Quant à vous, employeurs ne cédez jamais à la tentation de banir l’action syndicale.

René Georges Bada