La moitié des pauvres dans le monde sont des enfants

Ces nouveaux chiffres indiquent que dans 104 pays principalement à revenu faible ou intermédiaire, 662 millions d’enfants sont touchés par une pauvreté à caractère multidimensionnel. Dans 35 pays, un enfant sur deux est pauvre, ajoutent le PNUD et ce centre de recherche, l’Oxford Poverty and Human Développement Initiative.

L’Indice de pauvreté multidimensionnelle 2018 (IPM) met en lumière les personnes en situation de pauvreté en utilisant un outil de mesure qui va au-delà du revenu, afin de comprendre comment ces personnes font face à une pauvreté s’exprimant de multiples façons et sur plusieurs dimensions à la fois. L’indice indique si les individus sont confrontés à un cumul de privations dans les domaines de la santé, de l’éducation et du niveau de vie, lorsqu’ils n’ont par exemple pas accès à certains biens ou services tels que de l’eau propre, des installations sanitaires, une alimentation adaptée ou une éducation primaire.

Des signes d’optimisme quant à la réduction de la pauvreté

Selon le PNUD, ces derniers chiffres dressent un tableau sombre du nombre de personnes encore laissées de côté par le développement. Mais ils montrent que les progrès peuvent subvenir rapidement, si les bonnes politiques sont adoptées.

Près de 1,3 milliard de personnes vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle, soit presque un quart de la population des 104 pays pour lequel l’IPM 2018 a été calculé. Sur ces 1,3 milliard, presque la moitié – 46% – sont considérés comme étant en situation d’extrême pauvreté et souffrent de privations pour au moins la moitié des dimensions prises en compte par l’IPM.

Cependant, certains signes d’optimisme quant à la réduction de la pauvreté sont à noter. En Inde, le premier pays pour lequel les progrès au fil du temps ont été évalués, 271 millions de personnes sont sorties de la pauvreté entre 2005/2006 et 2015/2016. Le taux de pauvreté dans ce pays s’est réduit de près de moitié, passant de 55% à 28% en dix ans.

« Bien que taux de pauvreté, particulièrement celui des enfants, soit considérable, des progrès importants sont possibles. Rien qu’en Inde, 271 millions de personnes sont sorties de la pauvreté en dix ans », souligne Achim Steiner, l’Administrateur du PNUD.

Si de telles comparaisons sur de longues périodes n’ont pas encore été réalisées dans d’autres pays, les dernières données de l’Indice de développement humain du PNUD, publiées la semaine dernière, indiquent que des progrès importants du niveau de développement sont accomplis dans toutes les régions, y compris dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne. Entre 2006 et 2017, l’espérance de vie a augmenté de 7 ans en Afrique subsaharienne et de près de 4 ans en Asie du Sud, et le taux de scolarisation dans le cycle primaire est proche de 100%. Cela laisse à penser que des améliorations sont possibles en termes de pauvreté multidimensionnelle.

Pauvreté surtout en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud

La pauvreté multidimensionnelle existe dans toutes les régions en développement du monde, mais elle est particulièrement prononcée – et répandue – en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

En Afrique subsaharienne par exemple, près de 560 millions de personnes (58% de la population de la région) vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle, dont 342 millions (61% de ceux en situation de pauvreté multidimensionnelle) sont en situation de pauvreté extrême.

En Asie du Sud, 546 millions de personnes (31% de la population) vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle, dont 200 millions (37%) sont en situation de pauvreté extrême.

La grande majorité – 1,1 milliard – des personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle vit dans les zones rurales. Le taux de pauvreté multidimensionnelle en zone rurale (36%) est près de quatre fois supérieur à celui des personnes vivant en ville.

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU