La voiture autonome en débats

Des centaines de voitures autonomes circulent déjà dans de nombreux pays. Pour l’instant, elles ne sont pas vendues au grand public mais utilisées à des fins de navettes ou de robots taxis. Testées par des entreprises de transport, leur mission se limite à une ligne de bus ou à la couverture d’une zone géographique précise, parcourue à faible vitesse.

Des constructeurs de marques haut de gamme proposent des fonctions de conduite autonome  partielle, comme se garer tout seul, sur des véhicules de série. Mais les fonctions les plus avancées permettent de lâcher complètement le volant, de garder ses distances, de freiner ou de changer de fil et de doubler, si nécessaire.

Selon les spécialistes, une voiture autonome a besoin de trois types de capteurs différents pour assurer la reconnaissance des piétons ou objets alentours : caméra, radar et scanner. Mais les systèmes sont encore limités par la complexité urbaine, notamment les nombreux piétons, vélos ou motos, et les intempéries, comme la neige, qui gênent les capteurs.

Aux États-Unis où la structure des villes est plus favorable, un modèle de marque propose une fonction de conduite automatique qui en fait est une assistance sur des voies bien balisées sans pour autant exempter le conducteur de conserver toute son attention et les deux mains sur le volant.

Les normes internationales en matière de circulation routière obligent le conducteur à toujours rester maître de son véhicule. Mais un amendement à la convention de Vienne a autorisé les expérimentations de véhicules autonomes et l’assouplissement des législations et règlements nationaux.  Dans le cas des navettes ou robots taxis testés sur la voie publique, un opérateur doit rester à bord et être en mesure de reprendre le contrôle du véhicule. Mais les dérogations devraient se multiplier d’année en année. General Motors, constructeur américain a annoncé qu’il sollicitera l’an prochain l’autorisation de tester une voiture sans volant ni pédales sur les routes.

Toute la filière automobile se prépare au marché de la voiture autonome pour 2020 ; pour l’instant, il se limite à des véhicules très haut de gamme. Selon les experts, les navettes ou robots taxis connaitront une forte progression à partir de 2018, grâce aux commandes des sociétés de taxis, des opérateurs de transport urbain ou des sociétés de livraison à domicile.

Pour les assurances, le cadre réglementaire actuel convient déjà, car en cas de sinistre, l’opérateur de navettes autonomes est responsable du véhicule mais peut faire des recours auprès du fabricant. S’il s’agit d’une voiture particulière, le conducteur est considéré comme responsable par défaut, mais son assurance peut se retourner vers le constructeur en cas de dysfonctionnement du système de conduite autonome. Toutefois, une modification de la réglementation pour aller vers une responsabilité par défaut du véhicule n’est pas à exclure.