Le Brésil réinvente le mythe du loup-garou au cinéma

Le nouveau cinéma brésilien tente de sortir les récits des carcans imposés. Dans Les Bonnes Manières, le duo Juliana Rojas et Marco Dutra repousse les frontières des genres pour instaurer l’hybridité. Une ballade du portrait existentiel à l’histoire d’amour, du mélodrame au fantastique, du pamphlet social au questionnement sur la maternité, de l’ambiance de télé novela à celle de conte de fée, du dialogue réaliste à la berceuse poétique, etc.

Ana, une bourgeoise blanche habitant seule un immense building engage Clara, une infirmière noire des quartiers pauvres de São Paulo, comme femme de ménage pour l’assister durant sa fin de grossesse. Ana a parfois l’air absent, son teint de porcelaine prend des contours menaçants les soirs de pleine lune, des disparitions de viande du frigo, sont autant de signes qui font croire à Clara que sa patronne est enceinte d’un loup-garou.

Primée à Locarno, à L’étrange festival et au Festival du film fantastique de Gérardmer, cette œuvre réalisée avec beaucoup d’audaces et de libertés, dénonce les inégalités avec un maximum d’intensité.

RGB