Les mesures anti-tabac marchent mais sont trop lentes pour les pays à revenu faible ou intermédiaire (OMS)

Près des deux tiers des 181 États parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (FCTC) ont élaboré des stratégies pour « empêcher les interférences de l’industrie cigarettière dans les politiques de contrôle du tabac ». À la suite de ce traité, les pays ont augmenté les taxes sur le tabac, créé des espaces sans fumée et obligé les fabricants à afficher des avertissements graphiques sur leurs produits et à utiliser des emballages neutres.

En dépit de ces avancées, « Ce n’est pas le moment de faut faire preuve de complaisance », a déclaré la Dr Vera Luiza da Costa et Silva, la cheffe du secrétariat de la FCTC. « Avec des budgets astronomiques, l’industrie du tabac continue tous ses efforts pour compromettre la mise en œuvre de notre traité », a-t-elle prévenu.

Selon le Rapport mondial 2018 sur les progrès de l’OMS, 85% des États parties ont interdit la vente de produits du tabac aux mineurs et un nombre croissant de pays ont augmenté l’âge minimum pour acheter des produits du tabac. Des avertissements sanitaires sur les paquets de tabac sont également requis dans près de 90% des États parties et au moins 14 pays « mettent ou envisagent de mettre en œuvre » un emballage simple ou standardisé. En outre, des services de diagnostic et de traitement de la dépendance à l’égard du tabac sont inclus dans les programmes nationaux de lutte antitabac dans plus des deux tiers des Etats parties ; des progrès significatifs, alors qu’ils n’étaient qu’une moitié en 2016.

Le rapport note toutefois que des améliorations sont encore possibles, notamment en ce qui concerne l’interdiction des rayons en libre-service pour les cigarettes et les distributeurs automatiques, tout en soulignant l’émergence de nouveaux produits du tabac.

Amélioration des mesures de lutte antitabac

Le rapport de l’OMS – une publication reposant sur des soumissions nationales au Secrétariat de la FCTC – indique également que la mise en œuvre des mesures de lutte antitabac s’est constamment améliorée depuis l’entrée en vigueur de l’accord en 2005. Toutefois, les données montrent que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des différents articles de la Convention restent inégaux, avec des taux aussi bas que 13% dans certains pays et atteignant 88% dans d’autres.

Le monde compte aujourd’hui 1,1 milliard de fumeurs et 80% d’entre eux vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. « Le tabagisme est un problème de développement car il frappe les plus vulnérables et met à rude épreuve les systèmes de santé déjà surchargés, alimentant un cercle vicieux de pauvreté et d’inégalité », a déclaré le Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève, Michael Møller.

A l’ouverture de la COP, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué la convention antitabac comme « l’une des plus grandes réalisations de santé publique des 20 dernières années ». Plusieurs pays, dont le Kenya et l’Ouganda, ont adopté des lois complètes de lutte antitabac au cours des dernières années, a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur général de l’OMS, tandis que le Gabon et la Gambie ont augmenté les taxes sur le tabac.

Par ailleurs, l’Inde, le Népal, le Sri Lanka et la Thaïlande ont mis en place de vastes campagnes d’avertissements sanitaires, a poursuivi le Directeur général de l’OMS, avant de souligner que de nombreux pays, de l’Afghanistan au Cambodge en passant par le Salvador, ont interdit de fumer dans les lieux publics. Plusieurs villes en Chine ont également mis en place des lois antitabac. « Nous avons réalisé de grands progrès. Nous avons sauvé des vies », a déclaré M. Tedros.

Conformément aux tendances précédentes, les politiques de lutte antitabac les mieux appliquées ont été la protection contre l’exposition à la fumée de tabac, l’emballage et l’étiquetage des produits du tabac, la sensibilisation du public et les mineurs. La mise en œuvre a été moins efficace en matière de protection de l’environnement et de la santé de la population, de responsabilité et de soutien à des activités alternatives économiquement viables.

En ce qui concerne l’augmentation de la taxe sur le tabac ou l’augmentation des prix de vente, le rapport note également que des progrès notables ont été observés parmi les États parties, plus de 90% d’entre eux la mettant en œuvre. Le même pourcentage d’Etats parties a également interdit de fumer dans tous les lieux publics, souligne le rapport, notant qu’« un nombre considérable » ont également partagé leur expérience avec d’autres États sur l’extension des interdictions de fumer dans les environnements extérieurs et en amendant leurs législations existantes pour inclure les nouveaux produits du tabac.

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU