L’ONU célèbre la radio qui touche un public plus large que tout autre média

Plus de 100 ans après son invention, la radio diffuse des informations essentielles et fait connaître des questions importantes au plus grand nombre, souligne le chef de l’ONU. « Même aujourd’hui, à l’ère des communications numériques, la radio touche un public plus large que tout autre média », a reconnu le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans un message publié à l’occasion de la Journée.

« À l’heure actuelle, la communication sur les ondes peut être un remède à la négativité qui semble parfois prévaloir sur la toile », a pour sa part déclaré Audrey Azoulay, la Directrice de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) dans un message pour la Journée, expliquant que son agence s’efforce partout dans le monde d’accroître la diversité et la pluralité des stations de radio.

En 2019, la radio reste un formidable forum d’échange d’idées entre citoyens, rappellent les deux hauts responsables onusiens.

« C’est (…) un média personnel et interactif, qui permet aux auditeurs d’exprimer leurs vues, leurs préoccupations et leurs griefs », a dit le Secrétaire général, soulignant que la radio « peut contribuer à créer des communautés ».

Même point de vue pour la cheffe de l’UNESCO, pour qui la radio joue un rôle indispensable pour stimuler le débat public, renforcer l’engagement citoyen et instaurer la compréhension mutuelle. « La radio demeure l’un des médias les plus réactifs et participatifs, qui s’adapte aux changements du 21e siècle et offre de nouveaux moyens d’interagir et de prendre part à des débats importants, notamment pour les plus défavorisés », a rappelé Mme Azoulay.

Atteindre et informer les plus démunis de la planète. C’est tout le sens de l’action de l’UNESCO en faveur des stations de radios, notamment dans les contextes de développement.

« Les femmes vivant en zone rurale constituent notamment l’un des groupes les plus sous-représentés dans les médias. Elles sont deux fois plus susceptibles d’être analphabètes que les hommes », a alerté Mme Azoulay. « La radio peut donc constituer un instrument crucial pour leur permettre de s’exprimer et d’avoir accès à l’information », a ajouté la Directrice générale.

En Afrique subsaharienne, l’agence onusienne apporte son soutien à des stations de radio qui permettent aux femmes de participer au débat public, notamment en abordant des questions souvent laissées de côté, telles que le mariage forcé, l’éducation des filles ou encore la protection de l’enfance.

La radio, un médium au service du dialogue, de la tolérance et de la paix

Cette année, la Journée mondiale de la radio a pour thème : « Dialogue, tolérance et paix ».

« Pour le système des Nations Unies, et en particulier pour nos opérations de maintien de la paix, la radio est un moyen essentiel d’informer, de réunir et d’autonomiser les personnes touchées par la guerre », a rappelé M. Guterres.

Au Mali, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, les radios de la MINUSMA (Mikado FM), de la MINUSCA (Guira FM), et de la MONUSCO (Radio Okapi) constituent un service public d’information crucial, dans les régions où les journaux papier, la télévision et l’internet sont difficilement accessibles au quotidien.

« Dans des régions qui ont été le théâtre de conflits, la radio peut dissiper les craintes et révéler le visage humain d’anciens ennemis », a pour sa part déclaré Mme Azoulay, citant, en exemple les radios communautaires dans le nord-ouest de la Colombie qui, avec le soutien de l’UNESCO, pansent d’anciennes blessures en mettant en exergue les bonnes actions qu’accomplissent des combattants démobilisés, comme l’assainissement des cours d’eau pollués.

Au Sénégal, le combat d’IRadio pour promouvoir la tolérance en période électorale

Au Sénégal, où l’élection présidentielle est prévue le 24 février prochain, la Journée mondiale de la radio rime avec la couverture de la campagne électorale.

Cette campagne a été marquée, lundi, par des affrontements violents entre des militants du parti au pouvoir et d’une formation de l’opposition. Le bilan fait état de deux morts et de nombreux blessés dont des journalistes, suite à cet incident à Tambacounda, une ville située à l’est du Sénégal et près de la frontière avec le Mali.

Suite à ce drame, IRadio, comme d’autres médias sénégalais, a diffusé des messages de tolérance. Pour préserver la paix au Sénégal, les appels au calme se sont multipliés sur les ondes, de la part notamment de chefs religieux et des responsables de la société civile.

L’objectif affiché par IRadio est de bannir sur ses antennes les appels à la haine, les propos violents et ceux qui sortent « du cadre normal du jeu démocratique ».

Dans un entretien accordé à ONU Info, le Directeur d’IRadio explique que sa station s’efforce d’apaiser les tensions, alors que les accrochages entre militants sont allés crescendo jusqu’à aboutir à ces pertes en vies humaines.

Selon Alassane Samba Diop, le choix des mots est tout aussi important dans la façon de donner l’information. Ne pas censurer mais faire preuve de responsabilité, « en refusant de relayer les propos de pyromanes à l’antenne ».

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU