RDC : deux mois après des affrontements meurtriers, Yumbi reste une « ville fantôme »

Entre le 16 et le 18 décembre 2018, de violents affrontements ont opposé les communautés Batende et Banunu vivant sur ce territoire de la province du Mai-Ndombe.

Les violences ont été déclenchées à la suite d’un conflit portant sur l’inhumation d’un chef coutumier Banunu dont la communauté avait souhaité enterrer le corps à Yumbi.

Plus de deux mois après ces affrontements, la situation à Yumbi est « étrange », souligne la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO).

« C’est une ville fantôme. Il n’y a plus rien. Quasiment plus personne », a déclaré la porte-parole de la MONUSCO, Florence Marchal qui s’est rendue à Yumbi vendredi dernier. « On a peut-être rencontré 100 personnes au total », a-t-elle dit dans un entretien accordé à ONU Info.

Le 16 janvier, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) avait d’abord annoncé que 890 personnes auraient été tuées dans ces affrontements intercommunautaires. Un premier chiffre annoncé sur la base des premiers témoignages recueillis notamment par la Croix-Rouge locale.

Une équipe d’enquêteurs s’est rendue à Yumbi du 17 au 26 janvier

Une équipe d’enquêteurs du Bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU en RDC s’est rendue à Yumbi du 17 au 26 janvier. Sur place, l’équipe a mené un « vrai travail d’enquête » avec le soutien de policiers de la Police des Nations Unies (UNPOL) et d’observateurs militaires et sous la protection de la MONUSCO.

Selon le rapport préliminaire de cette équipe, au moins 535 civils, dont des femmes et des enfants ont été tués lors de quatre attaques et 111 autres blessés.

« Il faut savoir que le travail des équipes des droits de l’homme répond à une méthodologie très précise », a expliqué Mme Marchal pour justifier ce nouveau chiffre revu à la baisse. « Mais nous pensons qu’il pourrait y avoir beaucoup plus de victimes », a dit la porte-parole de la MONUSCO, soulignant que le chiffre des 535 personnes tuées correspond aux nombres de victimes que l’équipe d’enquêteurs de l’ONU a pu reconnaître et identifier.

Selon les informations recueillies par les enquêteurs de l’ONU, les évènements tragiques survenus à Yumbi auraient été planifiés et prémédités dès le début du mois de décembre, « avant même cette tension accentuée par la mort du chef coutumier », a indiqué Mme Marchal. « Les violences semblent avoir été commises de manière discriminée sur la base de considération ethnique. Seule la justice pourra se prononcer sur la qualification des crimes commis ».

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU