Sommet Chine-Afrique : la messe est dite !

Le 7e Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) ouvert lundi 3 septembre à Pékin sur fond de crise de la dette, en présence du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutterres, s’est refermé hier sur une promesse de 60 milliards de dollars à l’Afrique.

Quarante huit heures durant, les dirigeants de 53 pays africains à l’exception notable du Swaziland, dernier allié de Taïwan en Afrique, ont conclu ou renégocié avec leur partenaire chinois de nombreux accords de coopération.

La Côte d’Ivoire entend notamment créer un port sec à Ferkessedougou, étendre l’aéroport d’Abidjan et construire une centrale thermique de San Pedro.

Le Burkina Faso qui a rétabli ses liens diplomatiques avec la Chine porte des projets d’infrastructures comme le chemin de fer vers le Ghana et la construction de l’autoroute Ouagadougou-Bobo Dioulasso et attend des dons trois fois supérieurs à ceux de Taïwan d’ici à fin 2018.

On note également d’importants projets d’infrastructures portés par le Bénin, le Cameroun, le Sénégal, le Nigéria et la République Démocratique du Congo dans divers secteurs à savoir les autoroutes, les centrales hydro-électriques, les télécommunications, la construction de barrage hydro-électrique et d’aéroport.

Selon le ministère chinois du commerce, 3 milliards de dollars ont été investis annuellement en Afrique dans les infrastructures et les parcs industriels par la Chine depuis 2015.

Mais au-delà des investissements colossaux captés, les dirigeants africains ont également plaidé l’équilibre de leurs finances publiques. Le continent a contracté en effet, depuis 20 ans auprès de la Chine, une dette de 132 milliards de dollars.

Pour l’hôte du sommet, les projets de développement chinois ne représentent pas la majorité de la dette des pays africains, le fardeau de la dette serait plutôt une conséquence de la crise financière mondiale et de la chute des prix des matières premières.

Mais d’ores et déjà, la Chine a donné le ton pour ce qui est du nouveau cadre de coopération avec ses partenaires africains : une promesse de 60 milliards de dollars dont 15 milliards d’aides et de prêts sans intérêt ou à conditions préférentielles et l’annulation de la dette sur les prêts sans intérêt remboursables à la fin de l’année 2018 pour les pays africains les plus pauvres et les plus endetté.

En 2021, c’est Dakar au Sénégal qui abritera le prochain Forum.

René Georges Bada