Zuma, la fin ?

La semaine la plus longue pour le président Jacob Zuma s’est achevée hier après-midi, 12 février. Devant son obstination à s’accrocher au pouvoir, malgré l’appel à sa démission lancé dimanche 4 février par la direction du Congrès national africain (ANC), le nouveau patron du parti, Cyril Ramaphosa a réuni à huis clos et pendant 13 heures le Conseil national exécutif, la plus haute instance de décision. Cet après-midi, Ace Magashule, secrétaire général de l’ANC a confirmé lors d’une conférence de presse, que le conclave d’hier a bien rappelé Zuma, mais qu’aucun délai ne lui ai imposé pour quitter le pouvoir. La réponse du leader populiste est attendue demain ; si elle est négative, le Parlement où Ramaphosa, son successeur désigné dispose du soutien de 70 à 80% des députés sera certainement sollicité pour une motion de défiance ou pour une destitution.

Jacob Zuma croyait avoir pris sa revanche sur Thabo Mbeki , son prédécesseur qui interférait jadis dans la constitution d’un dossier d’accusation contre lui pour corruption, quel désenchantement! Jamais dans l’histoire sud-africaine post-apartheid, un homme politique n’a été autant cité dans des scandales : corruption, fraude, trafic d’influence, violences sexuelles, marchés publics truqués…

L’ANC qui a enregistré ses plus mauvais résultats électoraux lors des municipales de 2016 veut éviter de nouveaux échecs aux élections générales de 2019. Cyril Ramaphosa, le futur président en a bien annoncé les couleurs en promettant de nettoyer l’Afrique du Sud et l’ANC de la corruption.

René Georges Bada